Quand de grands voyageurs racontent leur pire expérience en voyage... Photo par Hghask Ekorb
Quand de grands voyageurs racontent leur pire expérience en voyage...

6 blogueurs voyageurs racontent chacun leur pire expérience en voyage et comment elle a changé leur vie. Voici leurs récits inspirants pour vous aider à devenir un voyageur averti…

Quelle est votre pire expérience en voyage ? Celle qui a changé votre vie… C’est une question intime pour certains… En tant que blogueur, on a souvent envie de partager ses meilleures expériences de voyage. On a envie de faire rêver les lecteurs. Partir voyager est une décision parfois délicate. Du coup, on aborde plus difficilement les mauvaises expériences…

Pourtant, en voyage comme dans la vie, tout n’est pas rose. On a beau être expérimenté, il arrive à tous les voyageurs d’avoir des coups durs. Certains se retrouvent quelquefois dans des situations dangereuses. Dans tous les cas, les obstacles que l’on rencontre en chemin nous font grandir. On apprend de ses erreurs. C’est pour cela qu’il est aussi important de partager ses expériences de voyage les plus difficiles et de les transmettre à ceux qui hésitent à partir…

Leur pire expérience de voyage pour vous inspirer…

6 grands voyageurs ont décidé de partager leur pire expérience de voyage pour vous inspirer. Voici leurs mésaventures…

Stéphane et le kung-fu à Granada

La pire expérience de voyage de Stéphane à Caracas...
La pire expérience de voyage de Stéphane à Caracas…

« Le cliché avait raison : il suffit d’une seconde. Une seconde pour que tout bascule. Je le savais, pourtant. J’ai vécu plus d’un mois à Antímano, un quartier chaud de Caracas où les armes à feu ne se taisent trop souvent qu’à l’aube. J’avais même stupidement marché dans ce quartier vers 5 h, avec mes sacs à dos. J’en avais alors chié dans mes culottes. Mais il ne m’était rien arrivé. Là-bas, j’ai développé un « sens du danger ». Depuis, j’avais toujours réussi à éviter les agressions en voyage. Jusqu’à un soir de juillet 2015 à Granada, au Nicaragua.

Je revenais d’une virée sur la Calzada avec deux amis. Alors que nous étions près de notre auberge, l’un d’eux a pris les devants, soumis aux exigences de sa vessie. Mon autre amie et moi arrivions à destination quand, de nulle part, j’ai senti un bras enserrer mon cou. Malgré les vapeurs d’alcool, j’ai aussitôt réagi. Sans réfléchir.

J’avais suivi des cours de kung-fu pendant plus de deux ans, quatre ans avant cette agression. Je n’avais cependant pas, depuis cette époque, exercé les notions apprises durant mes cours. Or ce soir-là j’ai retrouvé mon répertoire. En une fraction de seconde. La mémoire du corps. J’ai appliqué la technique appropriée. Et j’ai conclu ma réponse par un coup de pied de calibre « NFL » dans les couilles de mon assaillant. Je m’en étais sorti indemne. Mon amie ? Elle s’est fait voler son téléphone. Elle s’en est tirée avec quelques égratignures, parce qu’elle a chuté en poursuivant le bandit. Mais on était tous deux vivants.

Les leçons ? La première, plus légère : les films mentent. Un vrai combat ne dure que quelques instants. Les bagarres de films d’action ne sont que des chorégraphies. La deuxième, plus importante : rien ne me permet de croire que, si une situation semblable survenait à nouveau, je m’en tirerais aussi bien. Et cette seule pensée me pousse aujourd’hui à redoubler de vigilance. »

Stéphane Pageau
La Page à Pageau

Cedric, au bord de la route en Nouvelle-Zélande…

« C’était un soir de février 2012. Je suis quelque part, au bord d’une route, sur l’île du sud de la Nouvelle-Zélande, en pleine séance d’autostop. Cela fait maintenant plus d’une heure que je suis dans l’attente d’une voiture, depuis que la dernière m’a déposé au milieu du milieu de nulle part : aucune habitation où que ce soit, la nuit qui approche dangereusement et une perspective de devoir passer la nuit dehors, idée qui me déplait au plus haut point.

Le souci n’est pas de devoir improviser, ce qui est au contraire l’une de mes forces. Non, ce qui m’inquiète, à ce moment présent, c’est la sensation d’avoir visé trop loin en tentant de me rendre à Karama – ma ville de destination – alors que la journée était déjà bien avancée. Alors que je n’ai eu aucun souci jusque là, j’ai la sensation étrange de toucher aux extrêmes limites de ma chance et de tenter – littéralement – le diable. Que vais-je donc faire si je me retrouve planté là comme un idiot, en bordure d’une des routes les plus désertiques de toute la Nouvelle-Zélande ? Est-ce que j’ai vraiment déconné en me lançant sur ce trajet ?

Puisque tout est bien qui finit bien, j’ai finalement été embarqué par un complotiste grec puis par un couple de backpackers qui m’ont déposé à un kilomètre de l’auberge, sous les étoiles du ciel kiwi. De cette nuit qui eût pu être catastrophique, j’ai retenu une leçon principale : il faut savoir tenter, sans hésiter, mais, lorsque tous les voyants clignotent et que l’instinct hurle au casse-pipe, il faut savoir l’écouter et agir en conséquence. J’ai appliqué cette leçon au cours de mes sessions suivantes et, de façon plus générale, pendant les voyages suivants. »

La pire expérience en voyage de Cedric...
Le cauchemar de la route vide de Cedric…

Cedric Tinteroff
From Yukon

Ariane et son voyage au Botswana qui aurait pu mal finir…

« Un bruissement dans les fourrés. Nous sommes en famille au cœur de la jungle du Botswana, à plus de trois heures de route de toute ville, de tout hôpital. Soudain, un serpent monstrueux se dresse face à nous, atteignant la hauteur de mon visage. Il est gigantesque, noir comme l’encre, et visiblement furieux. Notre guide se fige et je le vois blêmir. Son visage change de couleur – je ne savais pas qu’un homme noir pouvait devenir « blanc de peur », et soudain, cette expression prend tout son sens. « Surtout ne bougez pas ». Nous sommes comme paralysés. Le serpent s’avance, s’approche et… change d’avis. Notre immobilité terrifiée semble le rassurer. L’animal continue son chemin, agitant plusieurs mètres de muscles et d’écailles dans son sillage. « C’était un mamba noir », dit le guide sous le choc. Revenue en France, une semaine plus tard, je lis sur internet que le mamba noir est le serpent le plus mortel d’Afrique, et qu’on le surnomme « serpent deux minutes » : il te mord, deux minutes, t’es mort. Le plus rapide aussi, capable de filer à 30 km/h, et d’infliger à sa victime plusieurs morsures successives avec une grande agressivité. S’il avait voulu s’en prendre à nous, nous n’aurions eu aucune chance.

La nuit suivante, nous avons déployé nos tentes au milieu de la savane, sous de grands arbres. Une hyène est venue chiper les restes du repas, mais elle était très craintive, et s’est enfuie aussitôt repérée. Nous nous endormons dans le vacarme de la nuit africaine, quand soudain, au milieu de la nuit, je suis réveillée par un énorme craquement. Discrètement, j’entrouvre ma tente : deux éléphants sont en train de se nourrir des branches au-dessus de nos têtes. Et s’approchent dangereusement d’une de nos tentes. Un des éléphants recule pour mieux tirer sur la branche, et écrase la tente en question. Ma marraine, qui dormait dedans, sort en courant, paniquée, et vient se réfugier dans une autre. Les éléphants font tomber une énorme branche sur sa tente défoncée, heureusement vide. Puis ils repartent.

Nous sommes rentrés en France sains et saufs. Mais j’ai beaucoup réfléchi à cette expérience, et à notre imprudence. Certaines agences de voyage spécialisées dans l’aventure vendent aux touristes occidentaux en quête de sensations fortes des circuits dangereux. Nous étions au cœur de la savane, dans des tentes de toile, au milieu des lions, des léopards, des éléphants, des hippopotames, des serpents, etc. Nous étions là où les habitants du Botswana eux-mêmes ne s’aventurent jamais, au cœur de la nature sauvage, à la merci des animaux. Notre petite virée de gentils Blancs en quête de dépaysement aurait pu tourner au drame – pour nous, et pour nos guides botswanais. Je suis devenue plus critique, plus prudente. Aucune photo ne mérite qu’on mette sa vie en danger. »

Quand une simple photo peut tout faire basculer...
En voyage et en quête de dépaysement, on ne pense pas toujours au danger…

Ariane Fornia
Itinera Magica

La pire expérience de voyage de Moran, en Espagne…

« Petite mésaventure qui remonte à l’été 2014. Cet été-là, j’ai pas mal voyagé en stop entre la France, la Suisse et l’Espagne. Mais en Espagne, cela s’avère bien plus difficile que prévu.

Dès la frontière la première personne me dépose en bord d’autoroute… Un 4*4 de la société qui la gère me déplacent à une sortie ou il n’y a personne… Bref après une longue journée j’arrive à Madrid. La vraie galère ce sera le lendemain, le 15 août, quand la personne qui me prend en stop me dépose à un échangeur sur l’autoroute proche d’Albacete.

Il doit bien faire 35 °, mais sur le goudron en plein soleil le ressentit est bien supérieur. Je pense que j’ai attendu, en marchant, environ 45 minutes. L’eau que j’avais sur moi n’a pas duré longtemps et c’est donc la bouteille à l’envers que j’ai réussi à faire arrêter quelqu’un. En même temps quand on roule à 120kms/h…

Cette mésaventure m’a appris qu’un minimum d’organisation est parfois important (je n’avais pas de carte et trop peu d’eau…), mais qu’aussi au final il y a toujours une bonne âme pour vous aider. Finalement après avoir bu 2 litres d’eau dans un jardin partagé où ils avaient une parcelle, j’ai continué mon aventure en bus. Le stop en Espagne, ce n’est pas pour moi ! »

Moran, en voyage en autostop...
Moran, en voyage en autostop…

Moran
Rencontre Le Monde

Ellye et le covoiturage

« Pour ma première expérience de covoiturage, j’avais choisi Blabla***, un site hautement recommandé par mes proches et à la bonne réputation. Pour mon chauffeur, j’avais choisi Aline, cinquantenaire conduisant un monospace et qui acceptait de me conduire en Allemagne depuis Paris.

Nous avions convenu de nous retrouver dans Paris, j’avais sa plaque d’immatriculation et la couleur de sa voiture, je n’étais donc pas inquiète. C’est en arrivant sur place que les choses se sont gâtées : la berline s’est transformée en une série de minibus de 9 places dans lesquels nous fûmes parqués un peu au hasard.

La charmante Aline, 50 ans m’est alors apparue sous les traits d’Ali, 35 ans dont conduire des gens d’un côté à l’autre de la frontière semblait être le métier quotidien. Arrivés en Belgique, nous dûmes tous descendre de voiture pour être réassignés à un nouveau minibus qui nous conduirait à notre destination finale.

L’attente à la station-service dura 40 minutes, heureusement que je n’avais pas choisi de faire ce voyage seule car pendant un moment, j’ai cru qu’ils allaient nous laisser là après nous avoir dûment délestés de notre argent. Heureusement, le remplaçant d’Ali nous déposa sains et sauf à destination et depuis je n’ai plus jamais eu affaire à ces réseaux : les Aline sont bien restées des Aline. »

La pire expérience en voyage d'Ellye fût son trajet pour aller en Allemagne...
La pire expérience en voyage d’Ellye : un simple trajet pour aller en Allemagne…

Ellye Travelingaddress
Traveling Address

Piotr et l’ascension du Kilimandjaro

« L’un de mes pires moments fut, je pense, lors de la dernière journée d’ascension du Kilimandjaro en Tanzanie. Je dormais mal depuis le début de l’expédition dans ma tente, mais j’avançais avec rapidité. Le dernier soir, avec l’excitation, je n’ai pas réussi à m’endormir correctement. Je me suis levé au beau milieu de la nuit crevé. Mais il y avait un sommet à atteindre. Un sommet qui m’attendait. C’était la première fois que je me retrouvais au-dessus des 5000 m. Je souhaitais y arriver pour capturer le lever du soleil tout en haut. On a dû faire deux groupes car celui des filles allait trop lentement pour qu’on y arrive à temps.

Rapidement, j’ai commencé à me sentir mal. J’avais des gaz, j’avais froid. Un mal de tête. Il commençait à neiger. Mes doutes sur ma capacité à monter en haut se faisaient sentir. Après 2 heures de marche, il me fallut me poser. J’avais trop de difficulté à avancer. Vomissement, diarrhée. La totale. Mais il n’était pas question d’abandonner. Avec la neige fraîche, on glissait. On ne voyait pas la trace. Le guide a dû me laisser seul dans la nuit pour trouver le chemin. De fortes longues minutes de solitude.

Arrivé à Stellar Point, de nouveau des faiblesses et envie de vomir. On était qu’à une heure du sommet. Je n’avais plus d’énergie physique, seulement de l’énergie mentale. Pourtant, on l’a fait. Le chemin du retour fut long et laborieux. Je ne pouvais rien boire et avaler, j’étais dans les vapes. Arrivé au camp sommital, après une sieste dans la tente, cela allait beaucoup mieux. Ce que je venais d’expérimenter c’était le MAM. Le mal aigu des montagnes. Un apprentissage à la dure. J’avais fait de nombreuses erreurs. Mauvaise hydratation. Mauvais repos. Ascension trop rapide. Non, la montagne est et restera toujours plus forte. Cette première expérience m’a rendu beaucoup plus humble par la suite. »

Piotr, enfin arrivé au sommet...
Piotr, enfin arrivé au sommet…

Piotr Kroczak
Bien Voyager

Et vous ? Quelle est votre pire expérience en voyage ? Qu’en avez-vous appris ?

1 commentaire

  1. Les pires expériences deviennent aussi nos meilleurs souvenirs… J’ai eu quelques galères aussi mais j’en ressort plus forte et plus humble à chaque fois. C’est une bonne expérience de vie.
    Et je suis d’accord avec ce que dit Ariane « Aucune photo ne mérite qu’on mette sa vie en danger ».
    Car parfois on n’a tendance à prendre des risques inutiles…

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