Un petit avion dans un monde de géants...

Il y a quelques jours, je suis tombé par hasard sur un message dans un forum de voyage bien connu. Ce message m’a beaucoup surpris… L’auteur du message veut faire le tour du monde en 3 semaines ! Oui, 3 semaines en tour du monde ! Peut-on vraiment le faire ?

En tant que globe-trotter, il y a souvent des pratiques de voyageurs qui me dérangent… Le voyage à grande vitesse… Le non-respect des cultures locales, ou le fait de vouloir tout voir tout de suite…

On observe ces comportements chez les touristes qui ont un programme trop chargé ou les personnes qui veulent faire le tour du monde en 3 mois ! Ne devenez pas cette personne qui a fait le tour du monde !

Voici donc quelques bonnes raisons pour lesquelles je ne veux pas faire le tour du monde…

Faire le tour du monde, c’est impossible !

Faire le tour du monde, et voir la nature immense autour de soi...
La nature est immense…

Le « tour du monde », c’est à mon avis, une expression, un projet impossible. On ne peut pas vraiment tout voir et tout faire. Le temps d’une vie ne suffit pas pour connaitre le monde entier. Tout le monde le sait, mais certains voyageurs ont tendance à l’oublier.

À une échelle plus réduite, je continue à découvrir de nouveaux endroits insolites à Paris, ou à New York lors de chaque visite. Je ne considère pas avoir fait le « tour » de la ville, c’est un terme un peu réducteur à mon avis.

L’expression « parcourir le monde » est beaucoup plus adéquate. Si on veut vraiment découvrir et s’imprégner des cultures des pays que l’on traverse, quelques jours sur place, c’est le minimum.

Je ne veux pas faire partie de ceux qui disent : « j’ai fait tel pays ».

Le monde peut paraître petit...
Le monde peut paraître petit…

Lorsque j’entends cette expression, je pense à ces touristes qui arrivent en pays conquis. S’en suit cette drôle d’image du monde hôtelier qui m’est resté en mémoire… Celle du touriste énervé qui veut payer le taxi parisien en dollars.

À l’idée « d’avoir fait » un pays pour destination, on risque à tort de ne plus vouloir y retourner. C’est un peu comme cocher sa liste de choses à faire avant de mourir un peu trop vite et rayer toute une région d’une carte !

Il n’y à rien de nouveau ici. Même si on sait que l’on n’a pas tout vu ou tout fait en utilisant cette expression, notre conscience et notre mémoire nous jouent des tours. On finit par réduire Paris à sa tour Eiffel et New York à la statue de la Liberté… Ça, je le refuse !

Je parcours le monde pour le plaisir.

Un coin paisible au bord de l'eau
Un coin paisible au bord de l’eau

À quoi ça sert d’ajouter un tour du monde sur sa bucket list, si c’est pour le faire en version accélérée ? À vouloir voyager trop vite, on en oublie l’essentiel…

Pour moi, voyager représente la joie de découvrir, de se dépayser… C’est avoir les yeux et les oreilles grand ouverts… Ressentir de nouvelles sensations, de nouvelles odeurs, des nouveaux parfums…

Voyager, c’est faire des rencontres, s’ouvrir à une nouvelle culture, déguster de nouveaux plats… C’est bien d’autres choses encore… Comment vraiment profiter de tout ça si on doit se concentrer sans cesse sur sa prochaine destination ?

Tout ce principe du voyage demande un certain temps…

Savoir observer lors d'un voyage autour du monde...
Savoir observer…

Pour profiter du voyage, il faut apprendre à se déconnecter du quotidien, pour mieux appréhender ce qui nous entoure. Loin du stress, on est prêt à capturer l’instant présent et à s’ouvrir aux autres.

Cet état d’esprit est difficile à atteindre lorsqu’on doit changer de pays tout le temps. C’est un peu comme un sachet de thé qui doit infuser. Il nous faut du temps pour s’acclimater pleinement à notre environnement, pour que la magie opère !

Si vous n’avez que quelques jours pour partir, pourquoi ne pas vous concentrer sur une ville ou une région, plutôt qu’un tour du monde ?

Pourtant, parcourir le monde, ça me fait toujours rêver…

Des routards sur le Grassland Trail...
Des routards sur le Grassland Trail…

Alors, comment faire le tour du monde, de manière plus responsable ?

Pour s’investir correctement dans un tour du monde, il est nécessaire de prendre le temps. Il faut planifier son parcours sur 1 an ou plus. Les grands voyageurs l’on bien compris, l’important est de tracer sa route avant de partir et de se donner du temps.

Pour ma part, je préfère faire des voyages de quelques semaines vers une région que je vais pouvoir explorer. Je choisis une région par voyage pour avoir le temps d’en profiter.

Si vraiment je voulais partir autour du monde dès demain, alors je partirai à pied, ou en voiture pour un long voyage pendant 1 à 5 ans. Et je m’arrêterai sur la route comme bon me semble…

Bref, un véritable voyage lent !

Et vous que feriez-vous ? Êtes-vous déjà parti pour un tour du monde ? Partagez votre expérience dans les commentaires ! 

Les voyages réservent de bonnes surprises à qui sait attendre...
Les voyages réservent de bonnes surprises à qui sait attendre…

16 COMMENTAIRES

  1. Article très juste ! C’est exactement pour ça que je veux me donner 5 ans pour parcourir le monde, voir plus, en restant plus longtemps, voir très longtemps à certains endroits puis après décider de m’installer là où mon cœur a fait « boum boum ». Et repartir s’il le faut !

  2. Je partage ton point de vue : les meilleurs voyages pour moi sont ceux où on prend son temps.

    Mais ceux qui recherchent à faire le tour du monde en si peu de temps recherchent-il vraiment un voyage… Ou plutôt une performance ? ;)
    Je pense que la différence est là, et c’est la raison pour laquelle nous ne nous retrouvons pas dans ce genre de tour du monde : certains recherchent l’expérience du voyage quand d’autres recherchent à dévoiler le + de couleurs possible sur leurs scratch maps ou cocher des cases de leur liste.

    J’ai connu des gens qui avaient pour but de faire 1 pays par jour en Europe pendant un voyage de 2 semaines. Ils avaient bien conscience de ne pas visiter 15 pays mais plutôt d’apercevoir 15 villes. Le défi leur faisait plaisir, c’est différent du plaisir de voyager en soit je pense.
    Un peu comme le serait le défi de gagner un concours de pancakes: on n’apprécie pas les pancakes pendant le concours – et on en a conscience – mais ça peut être amusant de se souvenir d’y avoir participé.

  3. Découvrir 10 ou 15 pays sur un an, c’est en effet un rythme très rapide.
    Mais surtout, après 8 ou 10 mois de voyage, je pense qu’une certaine lassitude ou fatigue doit s’installer.
    On ne doit plus être aussi attentif et ouvert aux découvertes qu’au début de son voyage.

    Je ne suis pas non plus adepte du concept de tour du monde sur 1 an.

  4. Merci pour vos commentaires !

    @ Annahr, c’est super de prendre ton temps. Tu pars quand ? Tu as des destinations de prédilection ?

    @ Eloise, bien vrai, voyage ou performance, il faut choisir ! Il n’y à rien de mal à partir du moment où le choix est fait en pleine conscience !

    @ Voyage Way : Il faut effectivement pouvoir tenir le coup. Ce n’est pas toujours à quoi on pense avant de partir. C’est pour cela que j’aime l’idée de tracer une route et m’arrêter quand bon me semble. :-)

  5. Tout à fait d’accord avec toi, c’est bien pour ça que j’ai choisit le voyage « lent ». Depuis 4 ans je me ballade au gré de mes envies et meme si je reste en général de 3 mois à 1 ans dans les pays traversés, je suis loins de les conaitre de fond en comble. Il y atoujours tellement de choses à voir de personnes à rencontrer!
    Je ne troquerai jamais ça pour une pseudo course contre la montre version avion bus avion, à oui un endroit hyper touristique au milieu et re avion.

  6. Salut Vincent,

    Je partage entièrement ton point de vue. J’ai d’ailleurs proposé un article assez similaire il y a quelques semaines, sur le tour du monde.
    J’y emploie volontairement le terme « boulimie du voyage »… Même si il en faut pour tous les goûts, je ne saisis pas bien ce concept de « tour du monde ».

    Au plaisir de te suivre !

  7. Un très joli billet pour une vision que je partage. Si parfois je planifie pas mal de choses dans mes voyages, c’est surtout parce que je sais que financièrement, je ne pourrais peut-être pas retourner voir certains lieux et qu’il y a des endroits que je meurs d’envie quand même de voir. Maintenant, c’est vrai que si mes finances me le permettait, un « tour du monde » en 3 semaine-mois ne serait clairement pas jouable mais la visite et le parcours de quelques lieux, ça pourrait se faire :-)

  8. La mode est de « faire le tour du monde », nous étions parti dans cette optique il y a maintenant 1 an. Mais très vite il nous a semblé évident que nous ne voulions pas courir, nous voulions prendre notre temps. C’est pourquoi un an après nous n’avons que très peu voyagé, à base de 2 mois par pays minimum.

    Je comprend tout à fait ton avis, je suis même totalement d’accord avec toi :)
    Mais je pense que chacun veut vivre son voyage à sa façon, il en faut pour tous les goûts.
    (Mais on ne me retirera pas de la tête que d’aller dans 13 pays en 11 mois c’est trop rapide et que ça ressemble plus à un marathon qu’à un voyage)

    Il n’y a qu’un point ou je ne suis pas trop d’accord avec toi, c’est « l’important est de tracer sa route avant de partir ». Je pense qu’il faut laisser place à l’imprévu, se déplacer en fonction des rencontres etc … :)

  9. Bonjour à tous,

    Merci Guillaume, Vlad, Naima et Sandrine pour vos commentaires. C’est intéressant d’avoir les points de vue de ceux qui ont fait le tour du monde ou non…

    @ Guillaume avec le recul, c’est vrai qu’il n’est pas forcément nécessaire de tracer sa route avant de partir. Cependant, pour ceux qui n’ont pas l’habitude de voyager régulièrement, ça permet un peu de cadrer les choses et de se donner un but.
    Comme vous 2, je me rend compte que je ne suit que rarement mon planning une fois sur place !

  10. C’est bien beau tout cela, mais tout le monde n’a pas forcément un,deux ou trois ans à consacrer à un grand voyage qu’on l’appelle tour du monde ou autre ! Faut il attendre l’âge de la retraite pour être un nomade digne de ce nom? Dans un monde où tout est « fast » ( et parfois furieux ) il ne faut pas s’étonner de ces nouveaux comportements. On veut tout, tout de suite et l’industrie du tourisme nous donne la possibilité d’assouvir nos envies à moindre coût. Les avions sont toujours plus nombreux et les sites touristiques débordent de monde…

  11. J’aime beaucoup cet article, qui me remet les idées à leur place et l’essentiel là où il doit être.
    Merci de m’avoir rappelé un instant cet essentiel, car la frustration de ne pas pouvoir voyager H24 commençait vraiment à peser…
    Bon ça me chatouille encore bien sûr, j’aimerai faire cela jusqu’à la retraite (et à la retraite aussi :) ), mais je me contenterai après avoir lu cet article de la chance que j’ai déjà de pouvoir « parcourir le monde » à mon rythme…
    Encore merci
    Elsa

  12. @ Michel : Merci pour ta réaction. Je suis d’accord avec toi… Mais je pense que l’on peut voyager différemment. Voyager sur plusieurs mois ou années en plus ou moins facile en fonction des étapes de sa vie. Je pense qu’après c’est aussi un choix… Voilà pourquoi j’ai fait cet article ! :-)

    @Elsa : Merci pour ton commentaire. Ça me touche beaucoup ! :-)

  13. Je comprends ton point de vue concernant le « Tour du Monde. C’est clair que faire le tour du monde en 3 semaines relève du désir de performance plutôt qu’une réelle envie de découverte. J’ai personnellement décider de partir en tour du monde en janvier pour une durée indéterminée. Je veux découvrir les pays lentement (peut-être pas autant qu’un expat, ça c’est sûr). Par exemple, la Nouvelle-Zélande, je prévois de rester le maximum de temps avec un visa touriste (3 mois) car c’est un pays qui me fait rêver depuis longtemps. Je ne me vois pas rester dans un pays pour seulement 2 semaines, 1 mois ou 2 me semble une bonne période. On verra sur la route comment je jugerai ça ^^

  14. Tout à fait d'accord avec toi ! J'ai du mal aussi avec l'expression utilisée par beaucoup "j'ai fait tel pays…" et que parfois j'entends sortir de ma bouche aussi, avant de me reprendre. Je trouve qu'on se met beaucoup la pression aussi lorsqu'on visite un pays : il faut à tous prix faire le plus de choses possibles, "tout voir", et alors on en oublie parfois de vraiment profiter. J'aime passer plus de temps dans un endroit pour vivre au rythme des locaux, voir ce qu'on ne voit pas en une visite éclair, etc.

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here